Il y a des chefs dont on reconnaît immédiatement la cuisine. Pas forcément parce qu’elle est complexe, mais parce qu’elle possède une véritable personnalité.
Yotam Ottolenghi fait définitivement partie de ceux-là.
Des légumes généreusement travaillés, des herbes fraîches, des épices, des contrastes de textures et surtout ces associations de saveurs auxquelles on n’aurait pas forcément pensé soi-même. Sa cuisine est colorée, solaire, généreuse, mais surtout étonnamment accessible.
C’est justement cet univers que j’ai eu la chance de découvrir lors d’une expérience au Château de Crans, dans le canton de Vaud, autour de son nouveau livre Simple Too.
Et dans ce cadre absolument enchanteur, entre les vignes et le panorama sur le Léman, j’ai découvert une autre manière de regarder la cuisine : celle où un plat peut être à la fois travaillé, surprenant et… tout simplement réalisable à la maison.
Ottolenghi, une cuisine immédiatement reconnaissable
Difficile de parler de Yotam Ottolenghi sans parler de légumes.
Le chef, auteur et restaurateur d’origine israélienne installé à Londres, s’est construit un univers culinaire qui puise notamment dans les influences du Moyen-Orient et de la Méditerranée. Sa cuisine fait la part belle aux légumes, aux céréales, aux légumineuses, aux herbes, aux épices et à toutes ces petites touches capables de transformer complètement un ingrédient.
Ce que j’aime particulièrement chez lui, c’est qu’il ne cherche pas nécessairement à compliquer les choses.
Au contraire.
Une courge rôtie peut devenir le cœur d’un plat grâce à quelques herbes, une sauce acidulée et quelques graines. Une salade peut prendre une toute autre dimension grâce à une association inattendue. Un légume que l’on cuisine habituellement de manière très classique peut soudain devenir la star de la table.
Et c’est précisément ce que j’ai retrouvé dans Simple Too.
« Plus simple que simple »
En parcourant les pages du livre après cette expérience, une phrase m’est immédiatement revenue en tête.
Une phrase que le chef m’avait dite :
« Plus simple que simple. »
Trois mots qui, finalement, résument parfaitement ce que j’ai retenu de cette découverte.
Car la simplicité dont parle Ottolenghi n’est pas celle d’une cuisine sans imagination. C’est presque l’inverse.
Il s’agit de prendre de bons produits, de comprendre ce qui fonctionne ensemble et de leur laisser suffisamment de place pour s’exprimer.
Le résultat peut sembler sophistiqué dans l’assiette, alors que la recette, elle, reste accessible.
Et c’est peut-être ce qui m’a le plus séduite dans Simple Too : ce sont des recettes que l’on a réellement envie de refaire chez soi.
Pas uniquement de reproduire à l’identique, mais aussi de s’en inspirer.
Une sauce peut accompagner un autre plat. Une association d’épices peut être utilisée avec des légumes différents. Une salade peut devenir un accompagnement. Une idée peut en faire naître une autre.
Le livre devient alors moins un mode d’emploi qu’une véritable source d’inspiration pour cuisiner au quotidien.
Une expérience au Château de Crans
Pour découvrir cet univers, le cadre ne pouvait pas être plus beau.
Le Château de Crans, niché au cœur du vignoble vaudois, offre cette sensation assez rare de pouvoir prendre le temps. Le paysage, les vignes, le lac au loin… tout invite à ralentir.
Et c’est exactement ce qui s’est passé.
Autour de la table, nous avons découvert différentes inspirations d’Ottolenghi tout en profitant d’un travail particulièrement soigné autour des accords mets et vins.
Ici, le décor n’était pas simplement là pour être joli.
Il faisait partie de l’expérience.
Les vins du domaine dialoguaient avec les plats, les saveurs se répondaient et chaque assiette prenait une dimension différente selon ce que l’on dégustait avec elle.
J’ai toujours aimé les expériences où la cuisine ne se limite pas à ce qui se trouve dans l’assiette. Où l’on comprend d’où viennent les produits, comment ils ont été travaillés et pourquoi tel vin fonctionne avec telle association.
Au Château de Crans, tout cela prenait particulièrement bien sens.
Quand la simplicité rencontre la créativité
Ce qui est fascinant chez Ottolenghi, c’est cette capacité à faire naître quelque chose de très généreux à partir d’ingrédients que l’on pourrait presque considérer comme ordinaires.
Dans Simple Too, les recettes mettent notamment en avant des produits accessibles, mais avec ces associations de saveurs qui sont devenues sa signature.
C’est là que l’on comprend que la créativité en cuisine ne signifie pas forcément multiplier les ingrédients.
Parfois, il suffit simplement de savoir lesquels choisir.
Et surtout, de ne pas avoir peur des contrastes.
Un peu d’acidité. Une touche sucrée. Des herbes fraîches. Une épice. Quelque chose de croustillant.
Quelques détails peuvent complètement transformer un plat.
Des recettes à refaire… et à détourner
En feuilletant Simple Too, j’ai aussi beaucoup aimé cette impression que les recettes ne sont pas figées.
On peut les suivre telles quelles, bien sûr.
Mais on peut également les adapter à ce que l’on a dans son réfrigérateur, à la saison ou simplement à ses envies.
C’est probablement ce que j’attends le plus aujourd’hui d’un livre de cuisine.
Pas uniquement qu’il me donne une recette, mais qu’il me donne des idées. Une façon différente de préparer les légumes. Une nouvelle sauce à servir avec du poisson. Une association à tester avec des pâtes. Une salade à transformer en plat complet.
Ou simplement une nouvelle manière d’assaisonner quelque chose que je cuisine déjà régulièrement.
Une cuisine qui donne envie de partager
Il y a également quelque chose de très convivial dans l’univers d’Ottolenghi.
Ses plats donnent envie d’être posés au milieu de la table plutôt que servis dans une assiette individuelle où chacun resterait dans son coin.
On picore, on goûte, on se ressert.
Les couleurs attirent immédiatement le regard et les différentes textures donnent envie de découvrir ce qui se cache dans chaque bouchée.
C’est une cuisine qui semble avoir été pensée pour être partagée.
Et cette dimension prenait encore plus de sens dans le cadre du Château de Crans, où nous avons pu prendre le temps de profiter du repas, des vins et surtout de l’expérience dans son ensemble.
Et si le secret était justement de ne pas trop en faire ?
Après cette journée, je me suis retrouvée à repenser à cette fameuse phrase :
« Plus simple que simple. »
Elle peut sembler presque paradoxale lorsque l’on regarde les assiettes d’Ottolenghi.
Elles sont colorées, généreuses, pleines de détails. Mais finalement, tout est là.
La bonne association. Le bon assaisonnement. Le bon produit.
Et suffisamment de confiance pour ne pas chercher à en faire trop.
C’est une philosophie que j’ai envie de garder dans ma propre cuisine.
Parce qu’on peut avoir envie de cuisiner quelque chose de délicieux sans passer trois heures derrière les fourneaux.
On peut recevoir des amis avec une table généreuse sans avoir besoin de préparer quinze plats.
Et on peut transformer des ingrédients très simples en quelque chose qui donne réellement envie de revenir se servir.
Simple Too sortira officiellement le 3 septembre 2026 et s’inscrit dans cette volonté de proposer une cuisine généreuse, riche en saveurs et accessible, avec des recettes pensées pour être cuisinées et adaptées au quotidien.
Et pour prolonger l’expérience, l’univers d’Ottolenghi sera également à découvrir à Ottolenghi Genève, où un menu inspiré du livre sera proposé du 19 août au 19 septembre.
Mais si je devais garder une seule chose de cette journée, ce serait probablement cette phrase entendue du chef :
« Plus simple que simple. »
Parce qu’au fond, c’est peut-être exactement ce que l’on recherche lorsque l’on cuisine.
Pas nécessairement impressionner.